Amélia, ou la misère dorée – Régine Boisier

Pays Bas, en 1853. Amélia, fille d’un riche armateur de Rotterdam, s’apprête à quitter son pays natal pour suivre son mari à Genève. Une année déjà qu’elle a épousé Henri, un bijoutier installé près des quais depuis huit ans. Son époux rêve de retourner dans ses montagnes en Savoie et a saisi une opportunité professionnelle pour s’embarquer pour Genève, y rejoindre son meilleur ami horloger et reprendre un atelier.

Henri va très vite dilapider la dot de son épouse, menant grand train dans cette ville somptueuse.
Il doit rapidement revendre l’atelier et s’installer à Bonneville. Pour faire des économies, son épouse va vivre pour un temps auprès de sa belle famille, dans un village reculé de Savoie.

C’est à la toute fin de l’hiver que les habitants de Marnaz voient débarquer cette belle dame pleine d’élégance, habillée comme une princesse.
La jeune femme va devoir faire face pour s’adapter à la rude vie des montagnes. Elle va petit à petit se débarrasser de ses toilettes et faire profil bas pour être acceptée par le village et sa belle famille.

Henri, lui, a pris pension dans une auberge de Bonneville. Il va continuer à vivre dans le faste, à dépenser la dot de sa femme pour assoir sa notoriété.

C’est ainsi qu’Amélia voit son ménage se détériorer à chaque visite de l’être cher. Son époux devient un étranger. Combien il semblait différent de celui qu’elle avait connu au début de son mariage. Elle n’aurait jamais du le suivre dans ce coin perdu. Elle est à sa merci maintenant.

Maria, ou la misère noire– Régine Boisier

La fin du tome I, Amélia ou la misère dorée, laissait au lecteur le soin d’imaginer une suite. Ainsi les dernières lignes : « Elles trouvèrent la maison vide, la grand-mère n’était plus là, morte et enterrée depuis trois jours. Une autre histoire commençait, plus triste encore que celle de leur grand-mère, et la demeure d’Amélia serait témoin, une fois de plus, de bien des larmes et bien des souffrances ».

C’est la belle fille d’Amélia qui va s’installer dans cette vieille maison. Veuve et sans ressources, elle va reprendre son ancien métier de repasseuse, pour le « Beau Monde » de la ville voisine.

Elle va aussi être contrainte de mettre ses deux filles à l’usine d’horlogerie qui emploie désormais bon nombre de savoyards.

Le pays se transforme, l’électricité fait faire des pas de géant à l’industrie et au commerce. De grandes usines se construisent dans toute la vallée de l’Arve, principalement à Cluses où est installée la toute nouvelle Ecole nationale d’horlogerie.

Les petits ateliers familiaux, clairs et spacieux se déploient dans toutes les campagnes. Des polisseuses, fraiseuses, décolleteuses  fonctionnant grâce au moteur électrique sont installées sur de longs établis de bois, en face de grandes fenêtres.
Désormais, les Savoyards de la vallée assumeront deux fonctions : ils seront agriculteurs et horlogers. En dehors des travaux des champs, à la morte saison, l’horlogerie occupera tous les membres d’une même famille.

Une autre époque s’annonçait avec l’exploision de l’industrie et l’augmentation des salaires. La Belle époque commençait, surtout dans les villes. Dans les campagnes, les gens vivaient plus à l’aise. Ce pays jadis si pauvre, renaissait grâce à la houille blanche, la force des torrents.

L’avenir était prometteur, jusqu’à ce 2 août 1914. La guerre était déclarée.
La consternation était générale.
Tout travail cessa immédiatement dans les champs.
L’ordre de mobilisation donné, il fallait partir dès le surlendemain pour rejoindre le convoi qui se formait à la petite gare de Cluses.

Les usines et ateliers seraient fermés pendant de longues années.

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